Le mot des Présidents

Secteur économique à part entière, la Santé est devenue en 2011 le deuxième sujet de préoccupation des français, derrière le chômage et l’emploi. Il n’est donc pas surprenant que les médias lui donnent une place importante. On voit chaque jour davantage de messages de prescription et de publicité voire de fiction.

Les communications de santé  sont  nombreuses, publiques ou privées, provenant des professionnels de santé, des industriels de la pharmacie ou de multiples associations. En bout de chaîne, les intérêts de ces divers émetteurs ne sont parfois plus identifiables, d’autant que leurs messages nous parviennent via un espace fortement réglementé.

Le résultat prend l’allure d’une cacophonie noyant d’avance toute tentative d’élaborer un discours unique et cohérent qui reposerait sur des références économiques précises et des données épidémiologiques incontestables. La cohérence serait, de toutes façons, mise à mal par les rythmes rapides de l’actualité qui empêchent souvent les décideurs des politiques de santé d’exercer sereinement leurs responsabilités.

Au travers des médias, c’est le public qui reçoit et interprète les messages. Or, la perception des risques par un individu lui est complètement personnelle; il se réfère à son histoire et à sa propre santé. Se pourrait-il qu’à force d’être informé, inquiété, stressé ou affolé, il devienne hypocondriaque ? Ou que l’opinion publique perde toute confiance dans la capacité du système de santé à guérir ses affections ou à proposer de nouveaux vaccins, de nouveaux médicaments ou appareillages ?

Il existe heureusement beaucoup d’entités qui cherchent à élever la conscience des citoyens sur l’intérêt général de santé. En rendant lisible et applicable la communication de santé,  elles en donnent une version d’espoir et de progrès. Mais cette communication ne peut pas être l’affaire uniquement de spécialistes et d’experts – ce qui garantirait peut-être sa fiabilité mais non sa diffusion. Elle doit s’élargir à tous les médiateurs.

Pr Yvon Berland
Président de l’Université de la Méditerranée

Rien ne sera plus jamais comme avant dans le traitement de l'information santé. Les scandales à répétition de ces dernières années ont instillé la méfiance dans l'esprit des citoyens. Avec Internet, la caisse de résonance est immédiate, planétaire et surtout accessible à tous. Les avis des experts, les enquêtes journalistiques et les témoignages des patients de bonne foi et associations de citoyens se mêlent aux imprécations obscurantistes pour créer un charivari médiatique qui engendre les nouvelles grandes peurs collectives.

Le pouvoir politique est sommé de réagir, et il le fait forcément trop tard. Les professionnels de santé, les autorités médicales comme les médias sont au pied du mur, et il faut le franchir sans tarder sous peine de voir chaque phénomène sanitaire engendrer une psychose collective aux effets dévastateurs

Et il en va de même avec les découvertes scientifiques. Prometteuses pour le commun des mortels, elles font parfois l'objet d'une communication massive, générant des espoirs démesurés mais potentiellement déçus au bout du compte. Si bien que, dans le cas des dérives comme dans celui des avancées, le public peut avoir le sentiment qu'on lui cache des choses.

Alors, comment parler de la santé, sujet forcément complexe, à l'ère de la transparence absolue et simplificatrice ? Ce 3e colloque annuel, intitulé « Santé : est-ce qu'on vous dit tout? », permettra justement de croiser les points de vue des chercheurs, des journalistes, des communicants et bien sûr des patients que nous sommes tous. C'est l'ambition d'un journal régional, qui traite de l'actualité au plus près de la vie quotidienne dans une région fortement médicalisée, que d'ouvrir sereinement ce débat pour en tirer des enseignements dans sa pratique. Travailler avec l'Université de la Méditerranée, ses grands médecins et scientifiques, est un gage de réussite.

Monsieur M. AUBURTIN
Directeur Général Délégué Groupe La Provence



 

 

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